Détecter un problème dans mon arbre

Détecter un problème dans mon arbre
07 Oct 2016

Quand vient le temps d’inspecter un arbre sur sa propriété, il est important d’avoir un minimum de connaissance pour savoir quoi vérifier. Il n’est pas compliqué de détecter les problèmes les plus courants. Un simple coup d’oeil, au même moment que l’on contemple la beauté de nos arbres, est suffisant pour déceler des symptômes qui vous donneront une bonne raison d’appeler un arboriculteur pour une consultation gratuite.

Les problèmes structuraux des arbres sont les problèmes qui peuvent à long terme affecter la sécurité de votre arbre. En sachant quoi inspecter, vous pourrez être rassurés que votre arbre va bien, ou, en cas de doute, vous pourrez appeler un arboriculteur certifié pour faire une vérification plus rigoureuse de la sécurité de votre arbre. Les problèmes principaux, qui sont ceux que nous voulons analyser dans cet article, sont les têtes codominantes, l’étêtage, les fourches faibles, les blessures, le remblayage et certaines maladies.

Les têtes codominantes

Problème d'arbre - Têtes codominantes

La tête codominante est la présence d’une ou plusieurs têtes supplémentaire à un arbre. Idéalement, un arbre ne devrait avoir qu’une seule tête (à l’exception de certaines essences plus tortueuses comme le févier). La raison en est que la fourche qui joint les deux têtes aura toujours tendance à craquer et à être plus fragile, donc plus susceptible de casser et de causer des dommages aux structures. Malheureusement, si le problème est détecté seulement une fois que l’arbre est mature, l’enlèvement d’une tête risque d’endommager l’arbre à la manière d’un étêtage. Il est alors possible d’opter pour un haubanage flexible au deux tiers de la cime.

Haubanage

Le meilleur des scénarios est celui dans lequel on repère la formation d’une tête codominante dès la jeunesse de l’arbre. Se faisant, on pourra couper la tête supplémentaire à l’aide d’un simple sécateur et la blessure à l’arbre sera moindre, voir nulle. Certaines espèces sont plus susceptibles à ce genre de problème, surtout celles à déploiement rapide. Il n’est pas rare de voire des têtes adventives ou codominantes sur les tilleuls, les érables argentés, les érables à Giguère, etc. Il est donc idéal de faire affaire avec un expert dès la jeunesse de nos arbres pour assurer une croissance adéquate.

L’étêtage

Étêtage - Arbre étêté

L’étêtage, bien qu’il soit majoritairement dû à l’intervention humaine, peut aussi avoir lieu accidentellement suite à des vents violents ou du verglas. Quoi qu’il en soit de son origine, l’étêtage est un problème structurel qui engendrera d’autres problèmes structuraux. L’étêtage est la coupe ou la perte de la partie supérieure de l’arbre. Suite à une telle perte, l’arbre déclenche des mécanismes de survie pour compenser le manque de photosynthèse. L’arbre utilisera tous ses bourgeons dormant pour produire plus de feuilles, mais cela exige une dépense des ressources du système racinaire qui sont sensées être utilisées à long terme.

Les défauts structuraux apparaissent dès les premières repousses, communément appelées les gourmands. Poussant à la verticale, ces gourmands sont tous des têtes codominantes potentielles. Par surcroît, ces pousses ne seront pas connectées ni ancrées dans le bois de cœur, puisque celui-ci ne peut plus produire de ramures. Les nouvelles pousses, au contraire, pousseront dans le pourtour du tronc de l’arbre, le cambium, là où circule la sève. Avec cet ancrage faible, ces branches sont plus susceptible de briser, ce qui est bien ironique, car c’est souvent dans le but mal informé de sécuriser l’arbre que l’on fait une telle opération.

Gourmand - Étêtage d'un arbre

En détectant ce problème, vous pourrez faire un choix parmi plusieurs solutions. Si l’arbre a été étêté depuis plusieurs années, il se peut que l’arbre aille réussit à se restructurer quelque peu. Il sera possible alors de venir corriger les défauts structuraux en privilégiant les branches qui respectent la biomécanique de l’arbre et en supprimant les rameaux accumulés sur un seul tronc. Avec quelques interventions parcimonieuses, il sera possible de réparer les torts. En dernier recours, il se peut que l’arbre doive être abattu pour le remplacer par un autre, qui sera choisi selon les caractéristiques de son essence et en fonction du lieu qu’il aura à occuper.

Les fourches faibles

Les fourches faibles ont intérêt à être repérées, car elles sont, elles aussi, des dangers potentiels. De manière similaire aux têtes codominantes, les fourches faibles sont plus susceptibles de cassures. Dès que l’angle intérieur à la fourche est inférieur à 35 degrés, on considère que la fourche est faible. L’idéal, pour déceler ce problème et le régler sans endommager l’arbre est d’inspecter l’arbre dès sa jeunesse. Une fois l’arbre mature, il se peut que nous ne puissions pas enlever toutes les fourches faibles d’un seul coup, de sorte qu’il faille plusieurs interventions avec des intervalles de deux ans pour laisser l’arbre s’adapter aux coupes radicales qui seront faites.

Les blessures

Blessure à une arbre - Accident mécanique

Celles-ci ont souvent lieu à cause de quelque accident mécanique : une charrue frôle le tronc d’un arbre, on fouette le collet de l’arbre avec un coupe-herbe, etc. Ces blessures peuvent être graves ou bénignes, cela dépend de certaines conditions.

Lorsqu’il s’agit d’une blessure au pourtour de l‘arbre, la blessure sera bénigne si elle ne dépasse pas le seuil de 40 % de la circonférence du tronc. Si la blessure dépasse cette limite, il se peut que l’arbre ne réussisse pas à faire circuler adéquatement la sève. On suggère d’attendre, et de voir si l’arbre cicatrise bien. Si tel est le cas, l’arbre est sauf, sinon, il se peut que l’arbre soit déjà en train de faiblir, ou qu’un pathogène ait fait son entrée par la blessure. Il est déconseillé d’utiliser des produits pour panser la plaie. Ceux-ci empêcheront la plaie de respirer et favoriseront la prolifération de champignons.

Le remblayage

Lorsque l’on ajoute de la terre sur un terrain, il faut toujours prendre le soin de ne pas étouffer le collet des arbres. C’est ce qui arrive parfois lorsque l’on veut créer un jardin de fleurs pour décorer autour de l’arbre. Ce que tous ne savent pas est que cela peut faire pourrir le collet, ce qui a pour effet d’empêcher la sève de passer en plus de fragiliser considérablement la base de l’arbre.
S’il vous faut absolument augmenter le niveau de terre, on suggère de créer un périmètre protecteur qui évitera le contact de la terre avec le collet. Ceci peut se faire en faisant une sorte de boîte autour de l’arbre, ou encore en disposant des cailloux ou du paillis permettant ainsi au collet de respirer.

Pour détecter ce problème, il suffit de creuser à la base de l’arbre jusqu’à ce qu’on trouve les racines. La partie du tronc qui se trouve à la jonction des racines est le collet. Celui-ci doit être déterré. Si vous découvrez qu’en effet l’arbre a été remblayé, il ne faut pas hésiter à demander l’avis d’un professionnel de l’arboriculture. Celui-ci déterminera si le collet a été compromis par l’humidité, les insectes ou la pourriture.

Les maladies

Certaines maladies sont mortelles, d’autres pas, certaines affectent principalement les feuilles, d’autres les rameaux, certaines entraînent des problèmes structuraux. Il n’est pas possible de parler de toutes les maladies et des solutions ici, mais nous pouvons faire un court survol des maladies bien répandues au Québec.

Maladies des feuilles

Tout d’abord, il y a les maladies des feuilles. Celles-ci varient selon l’espèce concernée. La plupart de ces maladies ne sont pas mortelles, mais peuvent nuire à la santé et à l’esthétique de l’arbre. Par exemple, la tache goudronnée de l’érable est une maladie qui s’aperçoit couramment.

Arbre - Maladies des feuilles - Tache goudronnée de l'érable

Pourtant, des études ont démontré que le raclage des feuilles et leur disposition rapide peuvent empêcher que ce champignon retourne dans le système racinaire et qu’il affecte de nouveau les feuilles. Cette maladie peut donc être contrôlée sans l’intervention d’un arboriste.

L’anthracnose, de son côté, nécessite plus d’effort.

Arbre - Maladies des feuilles - Anthracnose

Lorsque les taches ci-haut apparaissent, nous conseillons l’élagage des branches d’arbres infectés. Si les travaux sont trop compliqués, il sera de mise de demander l’intervention d’un professionnel en émondage.

Infestations par les insectes

Hormis les maladies des feuilles, il y a les infestations par les insectes, comme l’agrile du frêne, qui n’a plus besoin d’être présenté. Venu de l’Asie, cet insecte dévore rapidement nos frênes.

Arbre - Maladies - Infestation par les insectes - Agrile du frêne

À ce jour, seule l’injection au TreeAzin s’est avérée efficace, mais dans une mesure strictement préventive. Si vous avez un frêne sur votre terrain, il faudra choisir : l’injection ou l’abattage. Il y a de bonnes chances que des agents municipaux frappent à votre porte pour vous annoncer que votre arbre est infesté et qu’il faudra sous peu procéder à l’abattage de l’arbre.

Maladies fongiques

Il y a aussi les maladies fongiques comme le nodule noir, qui affecte tous les cerisiers, mais que l’on aperçoit le plus souvent dans le prunus de Schubert. Il s’agit d’une maladie qui envahit les ramures des arbres par de gros champignons noirs. Bien que cette maladie ne tue pas rapidement l’arbre, il est désagréable pour son côté inesthétique.

Arbre - Maladies fongiques - Nodule noir

Les tentatives de se débarrasser de ce champignon s’avèrent bien souvent infructueuses. L’enlèvement de chaque nodule entraîne généralement l’apparition de nouveaux champignons. On suggère de laisser aller l’arbre aussi longtemps qu’il pourra endurer la maladie, ou encore jusqu’au moment où l’apparence de l’arbre deviendra insupportable. L’abattage de l’arbre sera alors nécessaire.

Chancre

La dernière maladie que nous voulons mentionner est le chancre. Elle comporte un réel danger en ce qu’elle compromet graduellement l’intégrité du tronc de l’arbre et fragilise sa structure.

Arbre - Maladie - Chancre

La difficulté sera de distinguer le chancre d’une simple blessure. La différence sera celle-ci : une blessure bénigne aura tendance à se refermer d’elle-même, alors que le chancre grossira chaque année. Il ne sera pas nécessaire d’abattre l’arbre ou de couper la section infectée tant que la maladie n’aura pas atteint plus de 40 % du pourtour de l’arbre. Au-delà de ce seuil, l’arbre est structurellement dangereux et doit être abattu.

Conclusion

Il n’est pas donné à tous de faire l’inspection de ses arbres. Dans tous les cas, il est conseillé de demander une inspection par un professionnel élagueur. Pour les autodidactes, cependant, il est possible de faire par soi-même une partie du travail en sachant d’abord ce que l’on cherche. Il est toujours recommandé de s’abstenir de grimper un arbre sans équipement, ne serait-ce que pour vérifier l’état de votre arbre ou pour couper des branches. S’il ne vous est pas possible de faire l’inspection de vos arbres ou d’y faire des travaux sécuritairement, il fera plaisir à un professionnel de le faire.

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Dominic Perugino
Dominic Perugino

Comments

  1. […] Détecter un problème dans mon arbre […]

  2. […] car elles sont dangereuses et nuisent à l’esthétique. Ensuite, on regarde la structure pour détecter les problèmes dans l’arbre : y a-t-il des têtes codominates (présence de plus d’une tête)? Il faudra prévenir, ou […]

  3. […] aura en effet un surplus de sève. Il risque alors de se former un plus grand nombre de gourmands, c’est-à-dire des pousses rapides qui consomment beaucoup de sève et qui ne respectent pas […]

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