L’orme de Sibérie

Parc canadien avec plusieurs ormes de Sibérie
26 Avr 2022

Ulmus pumila

Bien qu’il soit moins imposant et majestueux que son cousin d’Amérique, l’orme de Sibérie a fait ses preuves en se montrant invulnérable à la maladie hollandaise de l’orme. Véritable survivant, il est l’un des rares feuillus à être utilisé comme haie. S’il est bien entretenu, cet arbre est un choix idéal pour les paysages urbains.

Un arbre échevelé

L’orme de Sibérie est un arbre à croissance rapide ; il atteint plus de 20 mètres de hauteur à maturité et 10 mètres de largeur. Il s’agit donc d’un moyen grand arbre, idéal pour procurer de l’ombre avec sa masse foliaire en hauteur, mais qui ne menace pas d’encombrer les structures comme un arbre qui se répand plus en largeur.

Siberian Elm - Ulmus pumila - orme de Sibérie

Siberian Elm – Ulmus pumila – orme de Sibérie

Son apparence est tout le contraire du raffiné ; il est irrégulier, échevelé, étalé avec un port éparpillé dans tous les sens. Il a aussi une tendance naturelle à garder beaucoup de bois mort dans sa cime, ce qui peut jouer sur le côté esthétique lorsqu’il n’est pas entretenu. Le tronc est rustique, droit avec de l’écorce grise qui forme aussi des plaques blanches. Les rameaux, désorganisés, sont légèrement pendants, souples, et pourtant facilement cassables.

Ses feuilles sont en forme de bouts de lances, asymétriques et dentées. Elles sont petites, d’une longueur d’à peine 2 à 7 centimètres. En été, elles seront d’un vert foncé et deviendront jaunes à l’automne.

Feuilles dentées de l'orme de Sibérie

Feuilles dentées de l’orme de Sibérie

Les fruits et la faune

Les fruits ne sont pas comptés parmi les bénéfices pour la faune. On note, au contraire, un certain désagrément à cause de l’abondance des samares qui couvrent le sol.

Conditions optimales

L’orme de Sibérie est un arbre très résilient, il est rustique dans presque toutes les zones, c’est-à-dire qu’il résiste aux froids les plus violents. Il tolère également la pollution, le compactage du sol et le sel de déglaçage. Sa force de survie est bien démontrée sur les bords de l’autoroute Métropolitain, qui en contient de nombreux spécimens. Avec toute la pollution atmosphérique, ceux-ci forment ce qu’on appelle des balais de sorcières. Les rameaux s’interrompent ainsi pour accumuler des petites ramures en grappes qui rappellent l’image en question.

Élagage et entretien

Étant un arbre à croissance rapide et d’une grande résilience, l’orme de Sibérie peut tolérer l’élagage régulier. Par ailleurs, c’est un de ses traits qui en font un candidat pour la haie. À notre avis, les cèdres (thuya) sont mieux placés pour former des haies, car ils gardent leur verdure toute l’année, alors que le feuillu laissera une haie dégarnie pendant presque la moitié de l’année.

Pour un arbre qui grandit vite, mieux vaut tailler en jeune âge pour assurer que l’arbre prenne une bonne forme de départ. Il est courant de tailler l’orme de Sibérie en « boule » avec un taille-haie. Toutefois, cette pratique nous semble contre-productive. Il existe de nombreuses variétés d’arbres, comme certains cultivars de l’érable de Norvège, qui poussent naturellement en forme de boule. L’orme de Sibérie a sa forme bien à lui, quelque peu ébouriffée, et il faut s’adapter à celle-ci plutôt que l’inverse. Avec un entretien minutieux, un arboriculteur peut éclaircir la cime, dégager les structures et, surtout, enlever le bois mort. Cette dernière étape est cruciale pour l’esthétique et pour la sécurité, car l’orme de Sibérie produit beaucoup de bois mort. Une fois taillé selon les règles de l’art, l’arbre exprime un aspect bucolique et rustique bien à lui.

Maladies

Heureusement, l’orme de Sibérie n’est pas vulnérable à la maladie hollandaise. On note toutefois une certaine vulnérabilité au dépérissement nectrien, ainsi qu’à certains insectes défoliateurs.

Bibliographie

  • Bertrand, Dumont. Guide des arbres, arbustes et conifères pour le Québec. Broquet, 2005.
  • Farrar, John Laird. Les arbres du Canada. Les Editions Fides, 1996.
    (forester.), Michael D. Williams. Guide D’identification des Arbres du Québec et de L’est de L’Amérique du Nord. Broquet, Incorporated, 2008.
  • Hodgson, Larry. Arbres. Saint-Constant, Qc: Broquet, 2012.
  • Langlais, Guy. La taille des arbres ornementaux. Saint-Constant, Qc: Broquet, 2002.
  • Marie-Fleurette, Beaudoin, Gaudet Martin, Rocray Pierre-Émile, et Michel Labrecque. Les arbres de Montréal. Fides, 1997.
  • Pellerin, Gervais, et Hydro-Québec. Répertoire des Arbres et Arbustes Ornementaux: 1760 Espèces et Variétés de Végétaux du Québec. Gouvernement du Quebec, publications vendues, 2010.
share

Dominic Perugino

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *