L’épinette de Norvège

Norway spruce - Épinette de Norvège - Picea abies
02 Mai 2022

Picea abies

L’épinette de Norvège est un conifère que les colonisateurs de l’Amérique ont importé d’Europe. Présente aussi en Asie, elle est aujourd’hui utilisée pour le reboisement de l’est des États-Unis et du Canada. Elle est également présente dans les zones urbaines, comme arbre d’ornement, pour son aspect gracieux et délicat. Tout comme l’épinette bleue du Colorado, l’épinette de Norvège fait un excellent arbre de Noël. Sa densité en fait aussi un arbre de choix pour produire des brise-vents.

Utilisée depuis des siècles comme arbre de jardin, plus d’une centaine de variétés horticoles ont été créées par la sélection à partir de caractéristiques recherchées. Par exemple, l’épinette de Norvège Argenteo Spica, qui donne des pousses blanches, ou le Pendula Major, qui donne un port encore plus pleureur.

Un arbre gracieux et délicat

L’épinette de Norvège, bien que importée, est d’une bonne rusticité pour la grande région de Montréal. D’une croissance rapide, sa hauteur peut varier de 25 à 40 mètres. La largeur de son port devrait atteindre 10 mètres à maturité.

Épinette de Norvège mature sur la rive nord de Montréal

Épinette de Norvège mature sur la rive nord de Montréal

L’aspect de l’épinette de Norvège est bien particulier à son espèce puisque ses branches sont à la foi orientées vers le haut et vers le bas. C’est ce qui lui confère un aspect gracieux et raffiné. En effet, les branches de la charpente principale sont courbées en pointant vers le ciel, alors que les branches secondaires, celles qui sont ajoutées à la charpente, sont retombantes, voire pleureuses. Les branches principales sont donc robustes et dures, alors que la masses foliaire qui lui est attachée par les branches secondaires est dense, comme si elle était trop lourde et voulait tirer l’arbre vers le bas. Elle est donc à la fois régulière et éparse, avec une large couronne qui s’affaisse jusqu’au sol.

Les aiguilles de l'épinette de Norvège sont courtes et dures

Les aiguilles de l’épinette de Norvège sont courtes et dures

L’écorce est brune rougeâtre et couverte d’écailles plutôt grises. Celle-ci est craquelée en lamelles qui laissent paraître des teintes de rouge dans les fissures. Les aiguilles sont courtes et dures, pas très agréables au toucher, mais moins perçantes que celles de l’épinette bleue. À l’occasion, les aiguilles auront une teinte de vert pâle pendant l’été, mais elles sont généralement d’un vert foncé.

Les fruits et la faune

Les cocottes, de 10 à 15 centimètres de longueur, sont cueillies par les écureuils. C’est plutôt l’être humain qui voit en ces fruits un problème, surtout lorsque l’arbre est placé près d’un stationnement. Les voitures peuvent alors recevoir d’abondantes chutes de cocottes enduites de gomme. Mieux vaut planter cet arbre loin des structures. La fleur est un cône rouge qui sort au printemps, mais elle est peu remarquable.

Élagage et entretien

Comme la plupart des conifères, l’épinette de Norvège nécessite peu d’entretien. Le dégagement du bas de la couronne est permanent, on n’a besoin de le faire qu’une seule fois. Avant d’opter pour une telle taille, il faut déterminer ses objectifs. En effet, une épinette n’est pas objectivement plus belle avec une couronne surélevée qu’une épinette qui n’a jamais été élaguée. On recommande surtout l’élévation pour permettre une meilleure vision ou pour gagner de l’espace. En revanche, l’épinette de Norvège, bien garnie jusqu’au pied, procure de l’intimité et un excellent coupe vent.

Pour ce qui est de dégager les structures, comme les fils, on peut simplement tailler les pointes des branches, pour éviter de faire de gros trous dans la cime. Normalement, une branche devrait garder minimum 30% de ses aiguilles après une coupe, autrement, on aura un moignon de bois mort, il est alors mieux de couper la branche au complet.

Certains recommandent de tondre les pousses annuelles pour un port plus dense. Pour notre part, nous le déconseillons. La tonte des pousses annuelles est pertinente pour les haies, notamment des cèdres. Mieux vaut opter pour de l’élagage minimal, pour harmoniser l’arbre avec son milieu urbain, en laissant à la nature le soin de lui donner une forme spécifique et une densité naturelle.

Pour éviter les défauts de structure, il est de mise de faire de la taille de formation lorsque l’arbre est encore jeune. L’arboriste pourra ainsi déceler d’avance les problèmes potentiels, surtout des têtes codominantes, qui peuvent avoir lieu après des dommages plus ou moins majeurs à la tête de l’arbre. Les défauts peuvent avoir des conséquences sur l’esthétique, la santé et la sécurité de l’arbre. C’est pourquoi une intervention préventive est la meilleure solution.

Maladies

Aucune maladie grave n’est à noter. Seulement une certaine vulnérabilité au puceron à galle.

Bibliographie

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  • Farrar, John Laird. Les arbres du Canada. Les Editions Fides, 1996.
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  • Hodgson, Larry. Arbres. Saint-Constant, Qc: Broquet, 2012.
  • Langlais, Guy. La taille des arbres ornementaux. Saint-Constant, Qc: Broquet, 2002.
  • Marie-Fleurette, Beaudoin, Gaudet Martin, Rocray Pierre-Émile, et Michel Labrecque. Les arbres de Montréal. Fides, 1997.
  • Pellerin, Gervais, et Hydro-Québec. Répertoire des Arbres et Arbustes Ornementaux: 1760 Espèces et Variétés de Végétaux du Québec. Gouvernement du Québec, publications vendues, 2010.
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Dominic Perugino

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