Le noyer cendré

Noyer cendré - Juglans cinerea
11 Nov 2021

Juglans cinerea

Le noyer cendré, aussi appelé caryer à noix douces, est estimable pour son aspect esthétique hors du commun, mais aussi parce qu’il entre dans la pratique de l’aménagement paysager comestible. Rustique et indigène du sud du Québec, il pousse également dans le sud de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick.

Un noyer cendré peut atteindre près de 23 mètres de hauteur et une largeur de 17 mètres à maturité, mais avec une croissance lente, cela prendra plusieurs décennies. Un arbre mature présente un port plutôt arrondi, mais irrégulier. Ses branches courtes supportent de grandes feuilles composées qui font plus de 60 centimètres de longueur, avec onze à dix-sept folioles longues et pointues. Ses grandes feuilles donnent l’impression d’être des plantes en soi, comme si le noyer cendré supportait tout un jardin dans sa cime. Les feuilles, jamais totalement vertes, sont plutôt vert jaunâtre en été, alors qu’à l’automne, elles seront jaune dorée.

Feuilles multi-folioles du Juglans cinerea

Feuilles multi-folioles du Juglans cinerea

Un jeune noyer cendré présente déjà une écorce décorative avec sa couleur cendrée pâle et ses rayures foncées. À s’y méprendre, on croirait qu’un feu de forêt viendrait de laisser sur le noyer une cendre qui aurait laissé à son écorce cette couleur unique. En vieillissant, les crevasses s’approfondissent quelque peu et deviennent plus sombres, ce qui fait ressortir le gris pâle des écailles plates ainsi formées.

Les fruits et la faune

Contrairement au noyer amer, les pacanes du noyer cendré sont comestibles. On les utilise dans différentes recettes de pâtisserie pour son goût sucré et sa forte teneur en huiles essentielles.

Il ne faut toutefois pas attendre que le fruit mûrisse et brunisse pour le consommer, car il devient alors nauséabond. La noix est allongée, pointue et est enveloppée dans un duvet dense, visqueux et collant. Si vous ne vous hâtez pas à cueillir les noix, ce sont les oiseaux qui en profiteront.

Le fruit du noyer tendre est comestible

Le fruit du noyer tendre est comestible

Conditions optimales

Un noyer cendré préfère une plantation en plein soleil, avec une terre bien humide. On évite le compactage du sol et on le plante à un endroit où il ne sera pas exposé au sel de déglaçage. Étant sensible à la pollution urbaine, mieux vaut ne pas le planter dans une zone trop urbanisée. Les rameaux sont plutôt faibles, un verglas pourrait alors causer des dommages, l’idéal serait de l’éloigner des structures pour éviter les dégâts. Les racines exsudent des toxines qui inhibent la croissance des végétaux à proximité, le noyer cendré n’est donc pas le meilleur candidat pour un jardin, mais plutôt pour un arbre ornemental solitaire.

Élagage et entretien

Avec ses gros fruits rigides et collants, on voudra planter le noyer cendré assez loin des structures. Toutefois, avec une certaine proximité, on peut faire de l’élagage pour empêcher que l’arbre ne se développe trop près des structures. Ainsi, un bon dégagement au-dessus d’une piscine peut éviter le désagrément d’avoir des noix qui s’y baignent. Par la suite, pour prévoir les verglas, une bonne inspection des fourches faibles peut faire toute la différence. Il s’agit alors d’enlever le rameau problématique, ou mieux encore, de l’alléger pour favoriser sa résistance. Dans le cas d’une codominance, un haubanage préventif peut aussi s’avérer utile. Bien que les noix soient comestibles, la plupart des gens n’ont guère le temps ou l’intérêt pour en faire l’utilisation, étant donné que l’extraction du fruit de sa coquille collante et poilue n’est pas une partie de plaisir… Pour faciliter le ramassage, il existe des outils qui se vendent dans les quincailleries et centres de jardins. S’en prémunir pourrait changer l’émotion que vous entretiendrez envers votre arbre.

Spécimen mature du noyer cendré

Spécimen mature du noyer cendré

Maladies

Malheureusement, un chancre propre au noyer cendré tue les spécimens qu’il affecte. Le noyer cendré se trouve présentement parmi les espèces en voie de disparition, ce qui peut motiver ceux qui peuvent se le permettre d’en planter un chez soi.

Sources :

  • Dumont, Bertrand, Des arbres pour les jardins paysagers: sélection, plantation et entretien faciles, 2015.
  • Farrar, John Laird, Les arbres du Canada, Les Editions Fides, 1996.
  • Hodgson, Larry., Arbres, Saint-Constant, Qc, Broquet, 2012.
  • Leboeuf, Michel, Arbres et plantes forestières du Québec et des Maritimes, 2016.
  • Pellerin, Gervais, et Hydro-Québec, Répertoire des arbres et arbustes ornementaux: 1760 espèces et variétés de végétaux du Québec, Montréal, Hydro-Québec, 2010.
  • Williams, Michael D, Guide d’identification des arbres du Québec et de l’est de l’Amérique du Nord, Saint-Constant, Québec, Broquet, 2008.
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Dominic Perugino

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