Arboriculteur, une carrière en perspective

Arboriculteur du Québec certifié par la SIAQ
26 Mar 2024

Arboriculteur, une carrière en perspective

Existe-t-il des métiers inspirants, où l’on ne regarde jamais l’heure par hâte de terminer la journée ? J’en connais un : c’est le métier d’arboriculteur. Pour celles et ceux qui cherchent un travail captivant, dans lequel on doit toujours apprendre de nouvelles choses et où l’on doit se surpasser constamment, avec des émotions fortes et un sentiment d’accomplissement sans pareil, je ne peux penser à un meilleur métier que celui-ci. Dans mon métier, si je regarde l’heure, c’est pour voir si l’évolution de mes travaux entre dans la rentabilité, car, on en reparlera, c’est un point important puisque je travaille dans le secteur privé.

Est-ce un métier pour vous ? Il faut d’abord vous le demander. Êtes-vous à l’aise dans les hauteurs, par exemple ? Ce n’est pas évident à répondre, car vous ne le savez peut-être pas vous-même ! Et si vous êtes calme lorsque vous traversez un pont, ou que vous êtes sur un balcon, cela ne veut pas dire que vous allez vous plaire dans un arbre accroché à une corde… Mais disons que vous savez vous maîtriser dans un arbre, il y a d’autres choses à savoir sur le métier, pour savoir, finalement, si c’est une carrière pour vous.

Dans cet article, j’aimerais élucider certains aspects du métier qui pourront vous aider à déterminer si vous y trouverez chaussure à votre pied. J’aimerais entre autres élucider des questions sur la rémunération, car les différents secteurs du métier n’offrent pas tous les mêmes salaires, et les conditions de travail varient. D’ailleurs, les différents secteurs, qui sont : le privé, le public et le réseau électrique (et je vais devoir ajouter les régions éloignées de la ville), sont des chemins de carrières complètement différents, et il est possible d’en emprunter plus d’un, j’aimerais donc émettre mes observations. Il faudra aussi discuter du métier comme tel, expliquer ce que c’est, et aussi, quel genre de personne est appelé à s’y investir. Quelles sont donc les perspectives de carrières en arboriculture, mais d’abord, en quoi consiste le métier d’arboriculteur ?

Le métier d’arboriculteur

Un arboriculteur est quelqu’un qui prend soin des arbres, un à la fois. Il est celui qui sait regarder un arbre, surtout urbain, et dire ce qui doit être fait pour la santé et la sécurité de celui-ci, mais aussi pour la sécurité des citoyens et des structures urbaines. Le travail de l’arboriculteur est le maintien et la sécurisation des arbres urbains, mais aussi leur harmonisation avec les structures. Il s’assure que les branches de l’arbre n’entrent pas en conflit avec les maisons, les voitures, les fils, les piscines, etc.

Pour se faire, il est formé dans le développement et la biologie de l’arbre, tant sur le plan architectural que sanitaire. C’est sa formation théorique. Ensuite, sur le plan pratique, l’arboriste est un expert dans la grimpe manuelle des arbres. À l’aide d’un harnais et d’un système de cordes, un arboriste grimpeur est capable de se rendre n’importe où dans un arbre, et ce, sécuritairement. Puis, pour enlever les parties de l’arbre qui soit nuisent à ce dernier, soit nuisent aux structures urbaines ou à la sécurité, le grimpeur est formé pour le faire de façon efficace et sécuritaire. Il peut donc enlever la partie de l’arbre qui est trop près de la piscine, sans l’endommager. Il peut aussi dégager les lignes électriques, sans s’électrocuter.

Enfin, il fait tout cela, dans le respect de l’arbre. L’arboriste juge de la quantité de branches que l’arbre est capable de supporter, selon l’âge, l’essence et l’état sanitaire de l’arbre. Le but est ainsi de modifier l’arbre pour qu’il soit sécuritaire et approprié pour son entourage immédiat, mais sans causer un dépérissement prématuré. Autrement, en causant du tort aux arbres, on l’affaiblit, et on le rend plus susceptible de devenir dangereux.

L’autre segment du métier est celui de l’abattage. L’arboriculteur est un maître du démontage des arbres. Que l’arbre soit malade, nuisible ou dangereux, il doit être enlevé de manière sécuritaire. Les manœuvres visent alors des enlèvements de morceaux plus gros, changeant ainsi la dynamique de la grimpe. On retire de grandes sections de l’arbre à la fois, créant ainsi des considérations plus particulières pour la sécurité des structures, du grimpeur, et des travailleurs au sol. Tous doivent être formés pour manier des pièces de bois très lourdes autour des structures typiques des milieux urbains. Ce travail d’équipe vise aussi la sécurité du grimpeur, qui ne doit pas recevoir d’impact accidentel avec les morceaux en retrait.

Quel genre de personne est appelé au métier ?

Le métier d’arboriculteur n’est pas seulement pour un type de personne. Au contraire, on y voit toutes sortes de profils de personnalité et même de gabarit. J’aurais bien envie de dire que c’est pour tout le monde, mais ce n’est pas le cas. Il y a évidemment des traits qui font qu’une personne sera incompatible avec l’arboriculture. D’autres traits seront des atouts. Mais, pour tous, il y aura des défis à relever, peu importe le profil de personnalité.

Le vertige et la peur des hauteurs

Avoir le vertige, évidemment, est un gros drapeau rouge. Et je ne parle pas ici de la peur des hauteurs. Il y a une différence bien nette : la peur des hauteurs se maîtrise, mais pas le vertige. À vrai dire, nous avons tous peur des hauteurs, tout comme nous avons tous peur d’un autobus qui se dirige vers nous à 100 km/h. Le vertige est un symptôme physique que l’on ressent en hauteur, comme la perte d’équilibre, l’étourdissement, voire même des maux de tête. Ces symptômes peuvent ne jamais quitter un individu, et, comme tels, ils vous mettent en danger parce que vous ne pouvez pas vous concentrer sur votre tâche.

En revanche, même le plus courageux peut ressentir un certain effroi en hauteur. Par expérience, les arboristes maîtrisent leur peur par gradation. À force de faire des arbres d’une certaine hauteur, on cesse d’y avoir peur. On augmente la hauteur, et c’est comme un nouveau palier de maîtrise qui commence. Cette peur peut aussi venir dans d’autres circonstances. On manie quand même une tronçonneuse en hauteur, alors que notre vie ne tient qu’à deux cordes. Il peut donc arriver de ressentir une petite frayeur à l’idée de la couper.

L’amour des défis et du surpassement

Puisque la peur est une composante naturelle du métier, les gens qui veulent le pratiquer doivent y trouver un certain goût, un certain plaisir. Si vous ne pouvez pas avoir de plaisir à surmonter les différentes craintes propres aux travaux en hauteur, vous allez vous brûler, c’est certain. On ne parle pas ici de développer le goût du risque, mais du défi et du surpassement. Les risques, on les élimine le plus possible avec les bonnes techniques, mais les craintes, elles sont subjectives, et elles doivent être apprivoisées d’une manière ou d’une autre.

Il en va aussi du reste du métier. Car tout ce qui comporte des avantages peut aussi devenir des défis. On adore travailler à l’extérieur, mais les conditions météorologiques ne sont pas toujours clémentes. Il faut endurer le chaud, et aussi le froid. Puis, l’arboriculture est un métier forçant, que l’on soit sur l’équipe de sol, ou dans l’arbre comme grimpeur. Ici encore, la sagesse commande d’utiliser les meilleures techniques, de même que la machinerie appropriée pour s’économiser, mais, quoi que l’on fasse, ça demeure toujours physique.

L’amour des défis n’est pas pour tout le monde, et il n’y a ici aucun jugement. Certains préfèrent un travail avec une charge de stress moindre, question d’économiser ses énergies pour d’autres occupations personnelles. Il faut simplement se connaître. Le profil typique des arboristes, en revanche, est celui d’une personne avec la bougeotte, qui n’aime pas les temps morts, et qui veut relever des défis. Amateurs de sensations fortes et de surpassement, ce métier est pour vous !

Un arboriste grimpeur en déplacement dans un grand arbre

Un arboriste grimpeur en déplacement dans un grand arbre

La forme physique

L’arboriculture est un métier qui nécessite une bonne forme physique, pour des raisons assez évidentes. Certains se disent peut-être que la forme physique peut simplement suivre à force de pratiquer le métier, mais c’est, en quelque sorte, de jouer avec le feu. Un arboriste est appelé à grimper en soulevant, en partie ou en entier, le poids de son propre corps, ainsi qu’un harnais avec accessoires et une tronçonneuse. Il faut se déplacer dans l’arbre avec tout l’équipement, effectuer des coupes, tirer sur des branches, manipuler un émondoir sur perche. Le travail au sol aussi est ardu : on marche sans arrêt en faisant des allers retours avec des branches plein les bras, on sort des grosses bûches avec un diable… Que dire ? Mieux vaut débuter le métier avec une certaine capacité physique, sinon, il y a des risques de surmenage du corps.

La résistance au stress

Dans le parcours académique, on apprend tout sur les arbres et sur les différentes techniques de grimpe. Mais, une fois sur un chantier, surtout privé, il faut composer avec plusieurs objectifs simultanément. Le premier est de bien faire son travail selon les règles de l’art. Un autre, parfois en tension avec le premier, est de faire des travaux qui plaisent au client. On cherche alors l’équilibre entre ce que le client veut, et ce qui est réellement bon pour l’arbre. Mais il faut ensuite considérer un troisième constituant de la réalité de l’arboriculteur : c’est la rentabilité, pour tout dire, la rapidité. Il faut donc que ce soit conforme aux règles, bon pour l’arbre, mais aussi plaisant pour le client. Ça doit être sécuritaire pour vous et vos collègues, ainsi que pour les installations de la propriété du client, mais il faut aussi ne pas perdre de temps, car le temps, c’est de l’argent.

La résistance au stress devient d’autant plus importante que le trio « règles-client-rentabilité » doit être mis en relation avec les autres défis de la grimpe en hauteur. Ajoutons à la triade une petite manifestation d’angoisse, alors que vous vous retrouvez au plus haut que vous ne l’avez jamais été. Ajoutons aussi, pourquoi pas, une température ressentie de 35 degrés Celsius. La pression monte, c’est le cas de le dire. Si l’arboriste n’est pas capable de garder son sang-froid, tout peut s’effondrer (littéralement). Avec la panique peuvent venir des compromis pour la sécurité.

Ceci dit, l’arboriculture peut parfois être l’occasion de vivre tout l’inverse : un bel arbre à la brise fraîche du matin avec le chant des oiseaux, ça arrive aussi ! Mais le profil recherché de l’arboriculteur idéal est celui de quelqu’un qui sait rester calme lorsque s’empilent les contingences.

Aimer apprendre continuellement

Le métier d’arboriculteur est en constant changement. Il y a toujours de nouveaux outils, des nouvelles façons de faire, des nouvelles façons de s’économiser, etc. Dans les dernières années, le Québec a été renversé par l’arrivée de la technique de corde simple. Il n’est pas évident d’accepter d’être dépassé ! Il est plutôt facile de se dire : ça va me servir à quoi ? Mais, la réalité est que, la technique apporte beaucoup sur le plan de l’économie d’énergie, du confort, de l’ascension et de la sécurité. Pour ceux qui sont accoutumés aux vieilles méthodes, il s’agit d’un saut en dehors de la zone de confort.

Or, en arboriculture, il est essentiel de rester à jour, de lire, et même de publier ses découvertes. Le métier avance grâce à des pionniers qui donnent leur savoir à livre ouvert sur le web et dans les écoles. Pour ce qui est du SRT, ceux qui ont volontiers accouru pour l’apprendre s’aperçoivent qu’ils gagnent du temps et de l’énergie et économisent le haut de leur corps. C’est des années de plus à pouvoir pratiquer le métier qu’ils aiment.

Il faut aussi se tenir à jour. Les techniques, les outils utilisés, ont tous des spécifications qui leur sont propres. À en rester dans ses pantoufles, on oublie parfois des informations essentielles, comme la capacité de la corde que j’utilise, par exemple, pour la rétention des branches. Il faut rester à l’affût de l’évolution de la science et des pratiques. Autrement, on contribue à la stagnation et au cynisme dans le domaine arboricole.

Vous en apprendrez certes beaucoup dans votre formation, mais il faut garder en tête qu’en arboriculture, la formation est en continu.

Être consciencieux

Il s’agit d’un métier qui peut entraîner des blessures, voire même la mort. Vous pouvez vous blesser, ou blesser les autres, et les dangers sont partout. Les complaisants, s’abstenir. À tout moment, une erreur de manœuvre peut avoir des conséquences graves. Coupures, chutes, collisions, recevoir une bûche sur la tête, ou encore s’électrocuter, personne ne voit cela arriver. Or, ça arrive, et ça arrive parfois aux plus consciencieux ! Imaginez, même lorsque toute diligence est faite pour éviter le pire, parfois ce pire arrive quand même.

Mais c’est aussi la sécurité des citoyens qui est en cause. Les normes et les règles sont établies pour que les arbres soient sains et sécuritaires. À faire des compromis, sans que les citoyens le sachent, c’est la sécurité des gens qui est sacrifiée à l’autel du manque de conscience. La sécurité de tous et la forêt urbaine sont trop importantes pour être laissées à des individus qui tournent les coins ronds.

Perspectives d’emplois

Avec la pénurie de main-d’œuvre qui se répand dans les différentes sphères du monde professionnel, on se demande s’il est même pertinent de se demander si les arboristes ont de la facilité à se trouver de l’emploi. La réponse est oui ! Les grimpeurs sont plus en demande qu’il en existe. À vrai dire, les compagnies se les arrachent. Si vous voulez vous lancer dans un domaine pour vous trouver un travail rapidement, l’arboriculture est un domaine pour vous. D’ailleurs, vous pouvez même magasiner votre milieu de travail et négocier vos conditions. Dans un sens, en entrevue, c’est vous aussi qui passez l’entreprise en examen pour voir si elle correspond à vos valeurs.

Il faut par contre faire une mise en garde. Il y a arboriste et arboriste. Un DEP en arboriculture ne fait pas d’un grimpeur la coqueluche recherchée par toutes les entreprises. Il faut du temps pour devenir un grimpeur assez performant pour être pris au sérieux. Il ne faut donc pas partir en orgueil les premières années de votre carrière, juste à cause de la pénurie de main-d’œuvre. Les premières années demeurent un temps pour l’apprentissage et pour faire ses preuves.

L'arboriste est en formation continue et doit rester à jour dans ses techniques

L’arboriste est en formation continue et doit rester à jour dans ses techniques

Les salaires

Oui, on parle ici des salaires, au pluriel. Il n’existe pas de norme commune, car il y a différents secteurs du métier, chacun avec ses conditions propres. Le salaire ne devrait pas tout dire, car il y a aussi les différentes conditions qui sont promues dans chaque milieu. Mais voici quelques chiffres pour faire l’estimation des différentes offres possibles.

Le secteur privé

Le secteur privé a été longtemps reconnu comme celui où la paye est la plus basse. Ce n’est plus entièrement vrai. Il demeure que, pour un nouveau dans le métier, avant d’avoir fait ses preuves, il est assez rare de voir quelqu’un de rémunéré à plus de 20$/h. En revanche, selon les performances, ça peut augmenter rapidement. Quelqu’un s’améliore constamment, qui apprend et qui sait rentabiliser un contrat tout en restant sécuritaire peut arriver dans les eaux de 30$ en cinq ans. Si l’on ajoute à cela la responsabilité de chef d’équipe, comprenant la gestion des chantiers et la relation avec les clients, on peut alors monter jusqu’à 35$/h.

Le secteur public

En sens contraire du privé, la réputation du secteur public est celle de la bonne rémunération. Mais comme le privé a beaucoup changé, ce n’est plus vrai dans tous les sens. Une chose demeure vraie : la paye, à l’entrée en emploi, reste la plus haute que les autres secteurs. Un diplômé peut s’attendre à être rémunéré, dès son embauche, à plus de 25$/h. En peu de temps, on peut atteindre le 30$/h, et même 35$/h avec l’ajout de certaines responsabilités, comme la conduite d’un camion classe 3.

Le secteur réseau

Le secteur du réseau électrique appartient au privé, mais il est une catégorie à part. Il s’agit bien d’une spécialisation dans l’élagage pour le dégagement des lignes électriques. Une formation supplémentaire sera exigée pour la sécurité près des lignes, et les échelons vers le sommet des compétences sont modulés en fonction des capacités à gérer des situations de dangers imminents. La progression ressemble beaucoup au domaine privé, donc, 20$/h au début, et dans les 35$/h au sommet, mais, ici, tout est axé sur les compétences devant les procédures spécifiques pour la proximité avec les lignes électriques.

Les régions

Les régions ne constituent pas un secteur d’activité en soi, mais il s’agit d’une situation qui change la rémunération. En réalité, les diplômés en arboriculture ont tendance à graviter autour de la grande région de Montréal et des banlieues, ce qui laisse un peu les entreprises régionales à se déshydrater. Pour ceux qui sont prêts à voyager, ou à déménager, il y a des compagnies très motivées qui peuvent vous embaucher avec une promesse de plafond salarial à plus de 45$/h. Peut-être serait-il sage, toutefois, de vous assurer d’avoir le niveau de performance souhaité avant de planifier un déménagement…

Les conditions

Le secteur privé

Il faut encore commencer en mentionnant que le privé change de plus en plus. Il y a à peine dix ans, on ne pensait pas vraiment à des assurances collectives si l’on travaillait pour une petite ou moyenne entreprise privée. Mais ça se voit de plus en plus, car tous voient la pertinence d’avoir ces assurances pour un métier aussi exigeant pour le corps, entre autres.

Hormis le cas des assurances, il y a un aspect qui ne changera pas si tôt : le domaine privé est un domaine ardu. Nous l’avons dit : les compagnies privées font face à des contingences de rentabilités, et cela met une pression de performance sur les employés. C’est pourquoi la passion pour les défis et le surpassement sont essentiels pour faire sa carrière dans le privé. Il reste alors, pour vous, de savoir négocier. Si vous sentez que vous n’êtes pas rendu au niveau souhaité pour faire, par exemple, de gros abattages, il faut le reconnaître et le nommer. Mieux vaut exiger une rémunération moins élevée que de s’imposer des défis que l’on n’est pas encore prêt à relever.

Les horaires sont aussi variés que les compagnies elles-mêmes. Certaines mettent le paquet toute la saison et veulent travailler 50 heures par semaine. D’autres, peut-être plus petites, n’offrent pas encore un temps plein à tous les employés, faute de trouver suffisamment de clients.

On peut aussi constater une tendance assez généralisée pour les petites compagnies privées à être saisonnières, donc à fermer l’hiver. Il reviendra à chacun de juger si c’est préférable ou non. Certains en profitent pour s’adonner à d’autres projets, d’autres en profitent pour se reposer. Il faut reconnaître que, avec la pression de performance, une petite hibernation est bien souvent la bienvenue.

Le secteur public

Comme pour tous les autres domaines, le secteur public se veut principalement attirant pour les conditions de travail. Des assurances et un fonds de pension, c’est toujours inclus. Des congés maladie, des vacances, du travail tout l’hiver. Bref, tout est couvert.

On regarde ensuite la charge de travail, et ça ne fait pas l’unanimité. Les arboristes qui ont rejoint le métier parce qu’ils avaient le goût de mettre leur bougeotte à bon escient peuvent s’y voir irrités. Il s’agit d’opérations avec une grande charge administrative, et l’on peut se retrouver à attendre avec impatience sa prochaine délégation sur un arbre. Ce n’est pas dire qu’on n’y rencontrera aucun défi, mais ce n’est pas le milieu privilégié pour le faire.

Avec de telles conditions, on peut dire aussi que l’arboriculture municipale n’est pas le lieu pour se créer un poste sur mesure. Tout est déterminé d’avance : la paye, l’horaire, les tâches. Il n’est pas question de discuter de ces points en fonction de ce que l’on préfère ou de ses compétences.

L’horaire, sans être flexible, est original. Les municipalités offrent généralement deux horaires aux arboriculteurs : un 36 heures du lundi au jeudi, ou un 36 heures du vendredi au dimanche.

Le secteur réseau

Les élagueurs qui font de la sous-traitance pour Hydro-Québec peuvent s’attendre à une mixture entre les conditions du privé et du public. On y travaille toute l’année, et on y travaille fort. Les assurances y sont généralement offertes. L’horaire peut être flexible. On voit parfois des arrangements à la production. Donc, l’important n’est plus de faire un certain nombre d’heures, mais de faire une certaine quantité de dégagements.

Il s’agit d’un milieu où l’accumulation d’heures est très importante pour gravir les échelons. On obtient des postes à mesure de l’accomplissement de certaines quantités d’heures jointes à des formations qui font gagner de l’autonomie sur le chantier. Au fil du temps, c’est l’expertise concernant la sécurité des lignes électriques et la relation avec le fournisseur qui se raffine.

Les régions

Certains arrangements de conditions peuvent être pris pour accomplir des contrats en régions éloignées de la métropole. Des entrepreneurs sont parfois prêts à offrir l’hébergement, ainsi qu’un per diem pour la nourriture. Pour ceux qui n’ont pas froid yeux, il s’agit d’une formule intéressante. Vous prenez votre équipement et voyagez quelques heures le lundi matin. Vous êtes hébergés avec d’autres travailleurs. Loin de la famille et des amis, vous en profitez pour travailler tant que vous êtes éveillés. La nourriture ne vous coûte rien… Un p’tit coup à donner, comme on dit, et on fait des épargnes.

Les cultures de travail

Chaque secteur a sa culture bien à elle. Si je peux me permettre, je crois que ça devrait être le premier élément à considérer pour son choix de carrière. Les écarts de rémunération se sont réduits avec le temps, les conditions de travail aussi. Or, même avec un certain écart, la culture de travail d’un milieu sera déterminante dans votre cheminement et dans votre amour du métier.

Le secteur privé

Les cultures de travail du privé propres à chaque compagnie, elles sont toutes différentes. Malgré cela, le privé reste un endroit de travail ardu et de dépassement de soi, nous l’avons dit. Mais ce qui fait le plus briller le secteur privé, c’est la passion pour le métier. Certes, ce ne sont pas toutes les compagnies qui encouragent leurs grimpeurs à adopter les meilleures techniques ou à optimiser la santé des arbres. Il n’en demeure pas moins que si votre but est d’évoluer le plus rapidement possible et de faire une différence sur le plan arboricole, la meilleure voie de carrière est de trouver une compagnie qui s’aligne avec ces objectifs. Au privé, vous avez le choix, vous pouvez passer au crible les valeurs des entreprises pour lesquelles vous pouvez potentiellement travailler.

Le secteur public

Quand on entre dans une équipe d’arboriculture au municipal, on entre dans une dynamique bien différente du privé. Il y a un service à offrir aux citoyens, un service de qualité, mais il n’y a pas d’incitatif au dépassement ou au développement des techniques, la pression de performance étant plutôt absente. Au privé, on se trouve une équipe qui nous ressemble. Au public, on se dissout dans une énorme équipe qui n’a pas forcément les mêmes aspirations que nous.

Ceci dit, le respect des arbres et des règles de l’art y sera renforcé, donc on peut sentir que l’on fait une différence pour cet aspect. Les différents arrondissements de la ville de Montréal en sont de bons exemples, car les rues sont ornées d’arbres en bonne santé et avec une bonne structure.

Le secteur réseau

Les élagueurs réseau ont leur culture bien à eux. Parler du bien-être des arbres dans ce secteur revient à parler d’un objectif secondaire. Le but de l’élagage réseau est de dégager le réseau. Pour le reste, on tente, dans la mesure du possible, de limiter les dégâts pour les arbres, mais il n’est pas vraiment question de prendre soin de ceux-ci. C’est la nature du travail pour ce secteur. On remarque parfois un certain retard quant au respect des règles de l’art. Il n’est pas rare, par exemple, de voir de l’élagage réseau avec des éperons, ce qui est reconnu par la SIAQ comme une pratique dommageable.

On pourra trouver les opérations quelque peu redondantes. Pour une portée donnée, il faut, par exemple, dégager au sécateur les fils de moyenne tension. Alors ce sont des semaines à couper des bouts de branches avec une perche. Ce n’est pas pour tout le monde.

Il y aura toutefois des opérations comprenant de grands défis, surtout pour ceux qui sont assez avancés dans le métier, comme pour l’élagage de grosses sections d’arbres, ou même pour l’abattage d’arbres, près du réseau. Il y a alors tous les défis du métier, mais on ajoute les éléments de danger, et donc de procédures supplémentaires, propres au réseau.

Conclusion

Voici donc pour vous donner de quoi réfléchir, à savoir si le métier vous attire, et quel genre de cheminement vous pourriez emprunter. Vous pouvez constater que c’est un métier avec de multiples facettes, et avec des perspectives de carrières variées. Si vous choisissez le métier d’arboriculteur, il ne vous reste plus qu’à choisir dans quel milieu vous voulez développer vos compétences. Tout dépend de votre situation, de vos besoins, et de vos aptitudes.

Bonne chance !

share

Dominic Perugino

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *