Le micocoulier occidental

Le micocoulier occidental - Celtis occidentalis
20 Mai 2016

Celtis occidentalis

L’orme d’Amérique avait offert un arbre de choix en milieu urbain. Il était résistant tant du côté de la dureté de son bois que de sa résilience face à la pollution. Or, à cause de la maladie hollandaise, l’orme a presque disparu de nos paysages. Pour prendre la relève, de sages paysagistes ont reconnu dans le micocoulier occidental l’arbre des propriétés semblables. Ce n’est pas à dire que l’espèce presque disparue ne va pas nous manquer, comme ce sera probablement le cas pour le frêne à cause de l’agrile du frêne. Toutefois, le micocoulier est prometteur à bien des égards pour une flore urbaine résistante à ses conditions typiques. L’idéal sera de joindre cet arbre à une culture polyvalente et diversifiée pour éviter la propagation de maladies dans le futur.

Un arbre rude

En l’observant, le micocoulier occidental revoit des traits qui ne peuvent être décrits par le concept de rudesse. Son écorce est tout entière recouverte d’excroissances et de crevasses à la texture du liège. Celle-ci a une couleur qui rappelle le hêtre, mais dont la rugosité lui est diamétralement opposée. Les grosses branches charpentières à la base de l’arbre supportent des rameaux qui poussent parfois en zigzags donnant un aspect fourchu et tortueux. Les rameaux entrelacés peuvent parfois former des touffes, dont il ne manquerait que de les voir rouler au rythme du vent avec une mélodie de flûte pour se croire dans un western. Les branches principales sont ascendantes, alors que les rameaux, désordonnés, sont plus souvent pendants. Le micocoulier occidental promet une hauteur d’environ quinze mètres (50 pieds) et une largeur atteignant huit mètres (16 pieds).

Les feuilles restent dans le même spectre de textures. Asymétriques, en forme de piques, elles ont le contour denté. Au toucher, elles donnent l’impression de frotter notre peau sur du papier verré fin. En été, elles ont une couleur vert pâle, alors qu’en automne, elles deviendront jaune doré. Caduques, elles sont parmi les premières à tomber.

Les fruits et la faune

Le genre de fruit que produit le micocoulier est une drupe, de la même famille que les cerises ou les olives. Celui-ci, à la grosseur d’un petit pois, s’appelle la micocoule. Au fil des saisons, la micocoule changera du rouge orangé au pourpre foncé, pour terminer vers le bleu noir. En qualité d’arbre indigène très répandu en Amérique du Nord, le fruit du micocoulier nourrit de nombreux mammifères et oiseaux. Comestible pour l’être humain et reconnu pour une pulpe sucrée et juteuse, il existe des recettes de confitures et de liqueurs traditionnelles de micocoule. Le choix d’un micocoulier devrait donc être intéressant tant sur le plan de l’esthétique que de la gastronomie!

Conditions optimales

Pour ce qui est de sa pertinence en milieu urbain, le micocoulier n’a virtuellement aucun angle mort. Avec sa croissance moyenne à rapide, on pourra compter sur une valeur ornementale en moins de temps. Or, la croissance rapide est souvent synonyme de cassures comme pour l’érable argenté, mais ce n’est pas le cas du micocoulier. Au contraire, son bois est dur et flexible, ce qui en fait un matériau de choix pour l’artisanat. Avec cette dureté, on ne craindra point les intempéries comme les tempêtes et les verglas. Préférant un plein soleil, il est capable de tolérer une ombre modérée.

Ses propriétés de résistance aux conditions urbaines font de cet arbre un candidat parfait pour les bordures de rues. Il s’adaptera à n’importe quel taux d’humidité, survivant facilement même aux périodes de sécheresse. Il est indifférent à la texture et au ph du sol. Le compactage du sol n’est pas reconnu comme un problème significatif, de même que le sel de déglaçage qui ne semble pas le perturber. De plus, avec ses racines profondes, le micocoulier risque moins de chuter. Ainsi, avec toutes ces propriétés, il s’agit d’un arbre à valoriser aux endroits les plus défavorables, pour assurer une flore résistante, capable de contrecarrer la pollution urbaine.

La largeur de son port à maturité est aussi un avantage, étant relativement étroite, il ne requiert que cinq mètres et demi (18 pieds) de distance avec les fils électriques.

Élagage du micocoulier occidental

Ce qui fait son esthétique de rudesse est aussi ce qui obligera une bonne taille de formation. Ses rameaux tortueux, en zigzags et entremêlés, témoignent d’une propension à pousser dans tous les sens. Cela signifie que l’arbre aura tendance à former plusieurs têtes. Bien que le micocoulier soit un des plus aptes à endurer des défauts de formations comme la présence de têtes codominantes ou de fourches faibles, il est mieux de prévenir par une taille en jeunesse adéquate. On conservera alors une tête et un axe principal, favorisant une charpente solide. De même, la couronne de l’arbre se formant assez bas, il sera nécessaire d’intervenir pour permettre la circulation.

Le port étant assez étroit, il ne nuira que très peu aux voitures s’il se trouve en bordure de rue. Il ne sera pas non plus enclin à se diriger vers la toiture ou autre structure importante. À ce titre, le micocoulier est un arbre de choix pour limiter les interventions nécessaires.

Ceci dit, sa valeur ornementale n’est pas appréciée de tous. Nous l’avons explicité le mieux possible en décrivant son aspect plutôt rude et désordonné. Il est toujours recommandé, et même impératif, de choisir un arbre pour ce qu’il est, et non pour ce que l’on peut le forcer à être. Il faut le planter là où son esthétique s’agence bien avec un paysage donné. À trop vouloir lui donner un aspect soigné, l’émondage peut détruire son port naturel et sa santé, comme c’est le cas pour la majorité des arbres.

Sa capacité de composer avec les conditions urbaines ne doit pas laisser croire que toutes les tailles sont permises. Comme pour tous les arbres, l’élagage de la tête aura des conséquences graves sur sa santé et son allure. Du reste, les règles de l’art sont un élagage minimaliste, se limitant au strict nécessaire. On enlève le bois mort, on coupe ce qui importune la circulation et on corrige les défauts de structures. Avec son port étroit, sa croissance plus ou moins rapide et la dureté de son bois, le micocoulier ne demandera pas beaucoup de travaux d’élagage.

Les maladies

On note de rares cas de balais de sorcières. La maladie sera alors observable par une surabondance de rameaux à un endroit donné, formant une boule qui fait penser à un balai. On pourra tenter de corriger l’apparence, mais il n’existe pas de solutions curatives.

Il serait aussi légèrement vulnérable à l’érinose, un acarien reconnu pour sa nuisance dans les vignes. Celle-ci produit des cloques sur les feuilles et brime la photosynthèse. Cette maladie n’est pas mortelle.

Le plus désagréable est le psylle du micocoulier. Il s’agit d’un insecte qui se nourrit de la sève de l’arbre, laissant des galles sur les feuilles. Le ravage de l’insecte n’est pas mortel, mais il peut affaiblir l’arbre. Le désagrément est que l’insecte est attiré par la chaleur et qu’il cherche à entrer dans les résidences. La première mesure à suivre est d’opter pour des moustiquaires plus fins (20 x 30 fils au pouce carré). Il existe aussi des savons insecticides qui peuvent limiter sa propagation. Pour les arbres de rues, certaines municipalités munissent les micocouliers de pièges à colle pour retenir l’insecte. Il est à noter que le psylle ne pique pas et ne pose aucun danger pour la santé.

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Dominic Perugino
Dominic Perugino

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