Chêne blanc


28 Mai 2020

Quercus alba

Le chêne blanc, aussi appelé chêne blanc d’Amérique ou chêne de Québec, est un arbre rustique du sud du Québec et de l’Ontario. Il est recherché pour sa qualité et dureté de bois hors normes, notamment pour la fabrication de tonneaux de vin et de whiskey.

Le chêne blanc est un arbre à croissance lente, mais qui peut atteindre des proportions gigantesques, pourvu que l’on préserve des conditions optimales. En ville, il peut atteindre facilement les 25 mètres de hauteur et de largeur, alors qu’en forêt, loin de la pollution, il peut se rendre jusqu’à 46 mètres de hauteur s’il atteint son plein potentiel de mûrissement. On le compte ainsi parmi les plus grands arbres de la forêt de l’est du continent américain. D’une valeur ornementale très élevée, on en trouve peu en région urbaine en raison de sa fragilité, de sa vulnérabilité à la pollution et de sa reprise difficile après plantation.

Un arbre robuste

Comme le chêne rouge, il aura un port pyramidal en jeunesse, mais contrairement à celui-ci, il évoluera en maturité vers une forme arrondie et large. L’aspect de l’arbre dégage la robustesse, avec un tronc qui peut atteindre un mètre de diamètre à hauteur de poitrine, ainsi que des branches massives, torsadées et bien étalées. Sa sensibilité ne concerne donc que la condition de son habitat et non la solidité de sa structure. En effet, il s’agit d’un des bois les plus solides, à la fibre la plus dense qui soit dans nos forêts.
Chêne blanc - Écorce grise pâle
L’écorce grise pâle du chêne blanc lui confère son nom. Hormis l’écorce du hêtre, il est l’arbre qui se laisse le plus remarquer par les reflets de lumière qu’il renvoie au coeur de la forêt. Son écorce s’exfolie facilement en de grandes bandes latérales. Ses feuilles, en revanche, sont plutôt foncées, ce qui contraste magnifiquement avec la luminosité de son écorce pâle. Durant l’été, elles sont d’un vert foncé tendant vers le bleu, alors que l’hiver, elles tourneront rouge-violet. On reconnaît leur forme en les associant aux feuilles du chêne à gros fruit, avec ses grands lobes arrondis, contrairement au chêne rouge qui présente des lobes triangulaires et pointus.
Chêne blanc - Feuilles à lobes arrondis

Les fruits et la faune

Les chênes, en général, sont des arbres préconisés par les mammifères et les oiseaux ; ce qui est le cas pour le chêne blanc, qui abrite aussi en son sein des papillons. Planter un chêne blanc est donc un geste qui contribuera à la santé de la faune. Il faut tout de même être avisé ; les fruits de cet arbre tomberont en abondance à l’automne, et ils sont tout aussi durs que le bois de l’arbre. Votre cour, ou pire, votre piscine en seront vite encombrées. Il est donc conseillé pour des terrains à grands espaces. Le gland du chêne blanc est comestible et contient moins de tanins que les autres espèces de chênes, ce qui le rend moins amère. Pour le consommer, il suffit de le faire bouillir pour ensuite le sécher, le rôtir, le réduire en farine ou même le confire.

Chêne blanc - Fruits et glands

Conditions optimales

Le chêne blanc semble préconiser les terres équilibrées en humidité et en drainage. Il ne supportera pas les marécages, mais pas les terres desséchées non plus. Il est passablement tolérant à l’ombre, mais préfère un abondant ensoleillement. Quant à la pollution, il n’est peut-être pas aussi sensible que certains arbres, comme l’érable à sucre par exemple, mais il demeure légèrement vulnérable au sel de déglaçage et autres polluants.

Élagage et entretien

L’avantage d’un arbre qui pousse lentement est qu’il requiert moins d’élagage. Comme d’habitude, on intervient de manière minimale pour assurer une belle harmonie avec les structures urbaines. Or, en ce qui concerne le chêne blanc, il faut user de plus de modération encore, car il peut facilement se stresser après des tailles trop sévères. On se concentre donc sur le bois mort et les défauts de structure (fourches faibles, têtes codominantes, etc.) et on n’enlève que ce qui est strictement nécessaire pour la sécurité. Si plus d’élagage est souhaité, il faudra répartir les interventions sur plusieurs années pour permettre à l’arbre de s’adapter.

Maladies

Bien que sensible, les maladies ne sont pas particulièrement abondante pour cette espèce. On remarque une légère sensibilité à l’anthracnose et aux chancres.

Bibliographie

  • Bertrand, Dumont. Guide des arbres, arbustes et conifères pour le Québec. Broquet, 2005.
  • Farrar, John Laird. Les arbres du Canada. Les Editions Fides, 1996.
  • (forester.), Michael D. Williams. Guide D’identification des Arbres du Québec et de L’est de L’Amérique du Nord. Broquet, Incorporated, 2008.
  • Hodgson, Larry. Arbres. Saint-Constant, Qc: Broquet, 2012.
  • Langlais, Guy. La taille des arbres ornementaux. Saint-Constant, Qc: Broquet, 2002.
  • Marie-Fleurette, Beaudoin, Gaudet Martin, Rocray Pierre-Émile, et Michel Labrecque. Les arbres de Montréal. Fides, 1997.
  • Pellerin, Gervais, et Hydro-Québec. Répertoire des Arbres et Arbustes Ornementaux: 1760 Espèces et Variétés de Végétaux du Québec. Gouvernement du Quebec, publications vendues, 2010.
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Dominic Perugino
Dominic Perugino

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