Comment identifier un arbre avec ses feuilles

Comment identifier un arbre avec ses feuilles
25 Mai 2020

Introduction

Il existe plusieurs méthodes pour identifier un arbre. Bien souvent, nous les identifions intuitivement grâce à l’expérience, sans toujours pouvoir nommer comment nous avons fait pour reconnaître l’arbre. La manière la plus facile, mais qui doit se faire en été pour les feuillus, est l’identification par les feuilles. La première distinction qui peut être faite à partir des feuilles est entre les espèces de conifères et des feuillus. Cette première étape se fait de manière intuitive et automatique, tout le monde connaît la différence. Mais pour distinguer les conifères entre eux et les feuillus entre eux, il faut plus d’informations. Nous proposons d’utiliser une méthode universelle qui consiste à regrouper en catégories les différentes caractéristiques des feuilles pour en faciliter l’identification.

Différence entre conifères et feuillus

Du côté des conifères, le foliage est composé d’aiguilles ou d’écailles. Le thuya (aussi appelé improprement le cèdre), est un exemple typique de conifère à écaille, alors que l’épinette et le sapin sont des arbres communs à aiguilles.

Pour les feuillus, ceux-ci se distinguent des conifères par la forme et l’étendue de leurs feuilles. La différence avec l’aiguille ou l’écaille est évidente : par sa largeur et son épaisseur, il est presque impossible de méprendre une feuille d’un feuillu avec celle d’un conifère.

La distinction des conifères

Pour distinguer entre les différentes sortes de conifères, il faut d’abord déterminer si les aiguilles sont répandues ou regroupées. Si les aiguilles sont regroupées en petits paquets par nombre de 2 à 5 aiguilles, il s’agit d’un pin.

Pin - Conifère à aiguilles répandues

Pin - Conifère à aiguilles regroupées

Si les paquets comptent plus de 10 aiguilles, il s’agit d’un mélèze (une autre façon facile d’identifier un mélèze est que celui-ci est le seul conifère qui perde ses aiguilles avant l’hiver).

Mélèze - Cones et aiguilles
Mélèze - Conifère à aiguilles

Si, plutôt que d’être regroupées en paquets, les aiguilles sont isolées et répandues sur la ramure, deux distinctions faciles peuvent être faites, mais l’observation se fera plus facilement par le toucher que par le regard. Ainsi, si l’aiguille a, justement, une forme qui correspond si bien à la forme d’une aiguille, qu’elle est cylindrique et qu’on peut facilement se piquer avec le bout, il s’agit d’une épinette.

Épinette - Aiguilles isolées et repandues
Épinettes - Aiguilles cylindriques

L’on confond souvent l’épinette avec le sapin. Toutefois, le sapin a une aiguille qui se distingue facilement de l’épinette en ce qu’elle est plate. Elle sont réparties de manière symétrique, comme les poils d’une plume. Contrairement à l’épinette, on ne se pique pas les mains en serrant une ramure dans la main.

Sapin - Aiguilles plates

Il existe aussi des conifères à écailles, comme le thuya et le genévrier. Le thuya se distingue de ce dernier par ses rameaux aplatis et ses écailles imbriquées (comme des écailles de poisson).

Thuya - Rameaux aplatis et écailles

Les genévriers auront plutôt des rameaux arrondis, et leurs écailles imbriquées sont mélangées avec des aiguilles.

Génévriers - Rameaux arrondis, écailles et aguilles

La distinction des feuillus

Une première distinction peut être faite entre les arbres à feuilles simples et les arbres à feuilles composées. La feuille simple est seule sur son pétiole.

Feuillu - Feuilles simples pétiole

Tandis que la feuille composée comprend de nombreuses folioles sur le même pétiole.

Feuillu - Feuilles composées folioles et pétiole

Une autre distinction doit se faire entre les arbres à feuilles opposées et alternes. Les feuilles opposées poussent généralement l’une en face de l’autre, symétriquement.

Feuillu - Feuilles opposées

Les feuilles alternes, de leur côté, ne poussent jamais l’une en face de l’autre.

Feuillu - Feuilles alternes

Les quatre distinctions peuvent alors être jumelés en combinaisons, et c’est à partir de celles-ci et en les joignants à d’autres caractéristiques de la feuille que nous pourrons aboutir à des espèces.

Ainsi, un arbre qui a à la fois des feuilles simples et opposées, dont la marge de la feuille est lisse et dont la grosseur est de 10 à 30 cm est un catalpa.

Catalpa - Feuilles simple opposées

Si la grosseur est de 5 à 12 cm, il s’agit d’un lilas.

Lilas - Feuilles simple opposées

Si, dans le groupe des feuilles opposées et simples, nous avons des feuilles lobées, nous aurons affaires avec l’érable. Les lobes aux creux profonds et pointus font la feuille de l’érable argenté.

Érable argenté - Feuilles opposées et simples lobées

Une feuille aux lobes peu profonds et larges est la particularité de l’érable rouge.

Érable rouge - Feuilles opposées simples et lobées

L’érable à sucre aura des lobes d’apparence rectangulaires et avec des creux moyennement profonds.

Érable à sucre - Feuilles opposées et simples lobées

Le bouleau devra également être trouvé dans la catégorie des feuilles simples et alternes. Les feuilles sont doublement dentées et symétriques et sont dénuées de poils.

Bouleau - Feuilles simples et alternes dentées symetriques

Dans le groupe des feuilles simples et alternes, si la feuille a une marge lobée, il s’agit d’un chêne. Les différentes espèces de chêne pourront être distinguées par la forme des lobes. Les lobes découpés et pointus appartiennent au chêne rouge.

Chêne rouge - Feuilles simples alternes, lobe découpés pointus

Les lobes arrondis et étroits désignent le chêne blanc.

Chêne blanc - Feuilles simples alternes, lobe arrondis

Enfin, des lobes arrondis et plus creux expriment l’essence du chêne à gros fruit.

Chêne à gros - Fruits feuilles simples alternes lobe arrondis creux

Toujours dans les feuilles simples et alternes, si la feuille, plutôt que d’être lobée, est cordiforme, dentée et ovale, il s’agit d’un tilleul.

Tilleul - Feuilles simples alternes cordiforme dentee ovale

Dans la catégorie des arbres aux feuilles composées et opposées, les feuilles comportant des lobes appartiendront à l’érable à giguère.

Érable à giguère - Feuilles composées opposées et lobes

Dans cette même catégorie, des feuilles sans poils et dont l’attachement au rameau se fait par un pédoncule, nous avons le frêne.

Frêne - Feuilles composées opposées avec attachement aux rameaux et pedoncule

La combinaison entre feuilles composées et alternes donnera lieu au févier.

Févier - Feuilles composées alternes

Conclusion

Cette méthode systématique pour identifier les arbre est très efficace. En hiver, on peut faire la même chose avec les bourgeons. On peut aussi analyser l’écorce. Bien que nous n’ayons pas ici l’espace pour parler de tous les arbres ou de toutes les méthodes possibles pour les identifier, la déclinaison par les feuilles se trouve ici dégagée dans ses grandes lignes. Pour de plus amples recherches, il existe bien des publications expertes qui peuvent vous aider.

Sources :

Crockett, James Underwood, and Françoise Vigié. 1978. Arbres et arbustes. [S.l.]: Time-Life International (Nederland).

Michael D. Williams. 2008. Guide D’identification des Arbres du Québec et de L’est de L’Amérique du Nord. Broquet.

Pellerin, Gervais, and Hydro-Québec. 2010. Répertoire des Arbres et Arbustes Ornementaux: 1760 Espèces et Variétés de Végétaux du Québec.

http://www.aucoeurdelarbre.ca/fr/hors-sentier/identifier-arbres-cle.php
https://afsq.org/cle-forestiere/accueil.html

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Dominic Perugino
Dominic Perugino

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