Les mauvaises pratiques arboricoles

Mauvaises pratiques arboricoles - Étêtage
30 Avr 2020

Introduction

Malgré leur bonne volonté, bien des gens ignorent les tors que causent certaines pratiques d’élagage nocives. Tôt ou tard dans sa carrière, l’arboriculteur aura à faire face à ces demandes et c’est à ce moment qu’il devra faire le choix de se ranger soit du côté obscur ou marcher selon les règles de l’art. Dans tous les cas, mieux vaut se protéger et connaître les répercussions que peuvent avoir certains types de travaux.

L’étêtage

Pour certains, l’étêtage d’un arbre est perçu comme bénéfique pour celui-ci ou est utilisé comme mesure de sécurité. En réalité, cette pratique endommage, déforme, et accélère le vieillissement de l’arbre. L’étêtage ou encore l’écimage provoque la pousse de nouvelles branches compensatoires, et celles-ci, étant plus jeunes et denses, donnent l’illusion d’un rajeunissement alors que l’arbre puise dans ses réserves d’énergie pour les faire émerger. En fait, il n’existe pas de méthode pour redonner l’apparence de jeunesse à un arbre.

De plus, bien qu’en ayant réduit la hauteur de l’arbre celui-ci puisse sembler sécuritaire, les nouvelles pousses suite à l’étêtage se forment dans la partie superficielle de l’arbre et ne sont pas intégrées au bois de cœur. Elles sont alors beaucoup plus susceptibles de bris. La meilleure façon de s’assurer qu’un arbre est sécuritaire malgré sa grosseur est de faire appel à un arboriste-expert pour en faire l’inspection. Si certaines sections sont moins sécuritaires, votre expert vous recommandera de les couper ou les haubaner.

La taille esthétique/boule

L’élagage d’un arbre devrait servir uniquement dans le but d’harmoniser celui-ci avec son environnement et de le rendre sécuritaire (en éliminant le bois mort et les branches ou sections faibles). Il ne devrait jamais être élagué pour lui donner une forme. Chaque essence a ses propres caractéristiques qui donnent un aspect unique à l’arbre. S’entêter à donner une forme différente que celle naturelle aura des conséquences semblables à l’étêtage. Bien souvent, le stress engendré par la perte de masse foliaire provoquera la pousse de nouvelles branches, ce qui affaiblira la structure de l’arbre et le rendra plus vulnérable aux insectes et maladies. Pour avoir des arbres en santé, il vaut mieux éviter de les tailler inutilement.

Produit pour les blessures

Bien qu’il existe une gamme de produits, appelés mastics, pour recouvrir les blessures d’un arbre, il est recommandé de ne rien appliquer suite à une coupe ou une blessure. Des études démontrent que l’arbre a tout le nécessaire afin de gérer ses blessures et empêcher les pathogènes de l’atteindre. Il semblerait que les produits n’ont aucun effet sur l’arbre et peuvent même aller jusqu’à nuire en introduisant des toxines dans l’arbre.

Élagage excessif

Les travaux d’élagages sont un mal nécessaire pour s’assurer de la sécurité des lieux et pour dégager les structures urbaines, mais il faut respecter les règles de l’art. Les coupes de branches inutiles et excessives sont donc à éviter afin de préserver la santé de l’arbre. Par exemple, il est inutile d’éliminer complètement les branches en surplomb d’une structure si celle-ci est bien dégagée même si les travaux ne semblent pas esthétiques. Il faut se rappeler que chaque coupe est justifiée et que la santé de l’arbre prime l’esthétique.

Équilibrer l’arbre

Une autre croyance populaire veut qu’un arbre ait besoin d’être équilibré au niveau de sa cime. En fait, il est tout à fait normal qu’un arbre ne soit pas totalement symétrique. Celui-ci cherche à satisfaire ses besoins en lumière et il favorisera parfois la croissance de branches dans une certaine direction où le soleil est plus abondant, ce qui donnera l’impression que l’arbre est déséquilibré. Le système racinaire, quant à lui, est indépendant au reste de l’arbre et s’équilibra de par lui-même s’il en détecte le besoin. Nul besoin de s’inquiéter si l’on remarque une section débalancée au reste de l’arbre, il n’en sera pas moins solide ou sécuritaire.

Conclusion

En étant averti des risques liés au côté obscur de l’arboriculture, il ne reste qu’à la bonne foi des citoyens de s’assurer que les travaux sont faits selon les règles de l’art afin d’avoir une forêt urbaine en bonne santé.

share

Dominic Perugino
Dominic Perugino

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *