Comment enlever/détruire une souche d’arbre


19 Juil 2018

Sommaire

  • Arrachage mécanique ou manuel
  • Favoriser la décomposition
  • Brûler la souche avec des feux de camps
  • Rognage avec location ou par un professionnel

Introduction

Si l’abattage des arbres requiert généralement l’intervention de professionnels en arboriculture, rien n’empêche d’enlever une souche par ses propres moyens. Que ce soit en utilisant sa propre force ou en trouvant le moyen pour la souche de se dégrader ou encore en employant de la machinerie, il est possible d’entreprendre soi-même l’enlèvement d’une souche sur son terrain. Nous voulons ici décrire les procédés les plus communs qui sont : l’arrachage, la décomposition, le brûlage et le rognage. Chacune des méthodes comporte ses avantages et ses désavantages. À vous de choisir.

L’arrachage

L’arrachage d’une souche peut se faire tant manuellement que mécaniquement. Tout dépend de la taille de la souche relativement à votre force. Voici les étapes à suivre. Il faut d’abord excaver le contour de la souche, avec une pelle ou une pioche. Creusez tout autour de la souche un espace assez large pour pouvoir travailler aisément. Puis, pour être en mesure de couper les racines, il faut excaver jusqu’en dessous de ces dernières. Puisque les scies à chaîne n’aiment pas la terre, il peut être souhaitable de brosser les racines aux endroits où elles seront coupées avec une brosse à cheval. Ensuite, couper les racines qui sont maintenant entièrement excavées.

Si la souche est d’un diamètre de moins de 20 centimètres et qu’il en reste près de 50 cm de hauteur, avec un peu de chance, vous pourriez déjà être en mesure de faire tomber la souche en poussant au sommet. Pour plus de force, on peut aussi utiliser une barre de fer avec un levier. Simplement placer une extrémité de la barre en dessous de la souche avec une pierre au centre de la barre pour créer un levier. Toutefois, la souche, bien que petite, peut avoir une racine traçante plus profonde (une racine qui pousse à la verticale, directement en dessous de la souche). Dans ce cas, se prémunir d’une hachette. On pourra alors creuser plus profondément autour de la souche et affaiblir le bas de la souche en donnant des coups de hachette.

Pour des souches plus grosses, on aura besoin d’un appareil de levage comme un palan. Notons qu’à ce stade, le fait de commencer à utiliser des appareils mécaniques devrait nous faire demander pourquoi on ne choisit pas d’utiliser une essoucheuse conçue spécialement pour ce travail… Mais cela reste un choix personnel. Donc, pour les aventuriers, on pourra entourer la souche de haut en bas et tirer en espérant le mieux (il ne faut pas que la fondation du palan perde pied puisque vous êtes sur de la terre ou du gazon).

D’autres optent pour la force d’un camion. La souche bien attachée avec une chaîne, il ne reste plus qu’à tirer. Il faut cependant s’assurer que toutes les racines soient bien coupées. Autrement, l’arrachage pourrait endommager inutilement le terrain en emportant des sections du réseau racinaires. Il faut également avoir le sens de calculer la direction et la force du tirage : la souche pourrait voler tout droit dans une maison. Cette méthode étant plus risquée, nous ne la recommandons pas pour des situations urbaines aux espaces retreintes.

Pour les souches gigantesques, on recommande plutôt une pelle mécanique. Toutefois, la question est encore celle de l’espace : comment faire venir une pelle mécanique dans votre cour arrière ? Et le coût n’est-il pas plus élevé qu’une rogneuse ? En bref, la pelle mécanique est une option efficace et parfaitement sécuritaire, mais sera seulement idéale si la souche se trouve déjà sur un chantier de construction, dans lequel cas la pelle est déjà à disposition. Si vous faites abattre un arbre dans l’intention d’arracher la souche de cette manière, demandez à votre arboriculteur de laisser au moins 50 cm de hauteur à votre souche pour permettre un effet de levier optimal avec la pelle.

Décomposition

Il n’est pas rare de voir les gens opter pour la solution par décomposition. À prime à bord, toute souche mourra et se décomposera avec le temps, il s’agit donc de ne rien faire et, surtout, ne rien payer. Ainsi, si la souche n’est pas particulièrement nuisible ou inesthétique à l’endroit où elle se trouve, pourquoi ne pas l’utiliser comme support à pot de fleur ? Au fil des années, la souche se décomposera.

Il ne faut pas exclure l’idée d’enterrer la souche. En effet, pour les souches plus petites et avec un faible collet racinaire, on peut très bien s’en sortir en enterrant la souche si la dénivellation de quelques centimètres ne nous gène pas. La question de la rapidité de la décomposition ne se posera plus puisque l’enterrement de la souche aura réglé en gros le problème.

D’autres choisissent la décomposition pour économiser, mais n’aiment pas forcément l’emplacement de la souche et aimeraient qu’elle disparaisse au plus vite. Bien qu’il n’y ait ici rien de miraculeux, il est possible de donner un petit coup de pouce à la nature pour accélérer la décomposition. Il faut prendre note que plus le bois est dur, plus il mettra de temps à se décomposer. Ainsi, les érables, les chênes, les hêtres et autres arbres à bois dur requerront plus de patience, tandis que des arbres comme le pin, le peuplier ou le tilleul pourront se décomposer plus rapidement.

Un secret bien partagé est le perçage de trous dispersés sur la surface de la souche. En effet, les trous percés à la verticale dans la souche (avec n’importe quel outil permettant de faire des trous) permettront l’accumulation d’eau, ce qui aura pour effet d’accélérer la pourriture. Il s’agit de la manière la plus écologique pour intervenir sur la décomposition. On recommande parfois de mettre du sel d’Epsom, mais il s’agit d’une mesure pour tuer la souche, ce qui n’est pertinent que pour les abattages récents et pour les essences d’arbres qui ont tendance à repousser, comme l’érable à giguère.

Les plus créatifs recommandent de mettre un morceau de fromage dans un gros trou dans la souche. Le fromage attirant les vers, il semblerait que cela peut favoriser la décomposition. D’autres encore recommandent une gousse d’ail, mais nous ne connaissons pas de manière objective l’efficacité de ces méthodes… gastronomiques ?

Il existe des procédés chimiques au gré des produits polluants qui traînent sur nos tablettes de cabanon. En effet, il n’est malheureusement pas rare de voir des gens poser le geste irresponsable d’asperger leur souche avec de l’essence ou autres produits à base de pétrole. Comme il s’agit de méthodes nuisibles pour l’environnement et étant donné la panoplie d’alternatives écoresponsables, nous avons du mal à trouver une justification rationnelle pour de telles sottises.

Brûlage

Pour les endroits où les feux de camps sont permis et sécuritaires, il est possible de brûler la souche, bien que très lentement. Il s’agit d’utiliser la souche comme base pour le feu. L’inconvénient est qu’il faudra faire de nombreux feux avant de voir une réelle progression de destruction. Il est possible d’aider ce processus en perçant des trous comme pour la méthode de décomposition. À défaut de nous répéter, l’application de produits inflammables sur la souche contamineront la terre et la nappe phréatique, ce n’est donc pas une bonne idée.

Rognage

La méthode d’essouchage (ou de dessouchage) la plus répandue et la plus utilisée par les arboriculteurs est celle que l’on appelle le rognage. On appelle traditionnellement cette machine une essoucheuse ou déssoucheuse. Il est possible de louer l’engin ou d’engager un arboriculteur professionnel qui possède typiquement une essoucheuse pour offrir le service après l’abattage. Ces machines existent de grosseurs variées et s’accommodent généralement aux espaces urbains restreints.

Le rognage n’est autre qu’un procédé d’émiettement ou de déchiquetage. À l’aide de ce qui ressemble à une grosse scie ronde, on gratte la souche jusqu’à ce qu’elle soit entièrement transformée en copeaux de bois. Ces derniers peuvent être utilisés comme paillis dans le jardin, ou simplement pour remplir le trou laissé par la souche. Du moment qu’une souche dépasse les 20cm de diamètre, l’usage d’une essoucheuse est définitivement la meilleure option.

Conclusion

Nous avons vu qu’il existe plusieurs options pour l’enlèvement d’une souche. L’idéal est d’y aller à la mesure de ses forces physiques, de sa dextérité avec les outils, ainsi que de son budget. L’important est d’opter pour la solution la plus économique, la moins dommageable pour le terrain, mais surtout, la moins polluante.

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Dominic Perugino
Dominic Perugino

Comments

  1. Bonjour,
    Vous avez un très beau site et j’y ai cherché réponse à une question, mais je n’ai pas trouvé. Si vous pouviez m’indiquer quel article consulter ou encore répondre à ma question, j’en serais très reconnaissante 🙂 Alors voilà; j’ai un très gros érable dans ma cour arrière (je ne sais pas de quelle variété il s’agit) et j’ai remarqué que de nombreuses et grosses racines superficielles ont fait leur apparition (en nombre et en longueur). Dois-je m’inquiéter de la santé de mon arbre ou est-ce attribuable aux très faibles précipitations et aux grosses chaleurs que nous avons depuis plusieurs semaines?
    Merci beaucoup,
    Jessy

    • Dominic Perugino Dominic Perugino : juillet 25, 2018 at 5:09

      Il ne devrait pas y avoir de conséquences pour votre arbre. Au contraire, la majorité des arbres en milieu urbain sont trop remblayés, ce qui cause des tors au collet racinaire.

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